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Les South Winners tiennent à réagir suite aux incidents qui ont éclaté à la gare de péage de Bollène avec les supporters lyonnais des Bad Gones lors du déplacement des marseillais à St Etienne. Nous ne cautionnons pas ces violences qui nuisent à l’image du groupe, à l’Olympique de Marseille, au mouvement ultra et au football français. Il est important de n’oublier aucun détail pour juger les responsabilités de chacun. Beaucoup de preuves de nos dires seront facilement vérifiées par les vidéos du péage. Les South Winners n’avaient pas d’autres choix que de se défendre face à l’attaque des lyonnais pour leur sécurité et celles des adhérents présents.

Le départ de l’histoire : Nice / Lyon

Tout d’abord, il est très étonnant de voir le déplacement des lyonnais à Nice autorisé. Fin mars, les marseillais avaient été interdits de déplacement à Nice sans raison valable et, à l’époque, les autorités nous avaient précisé que les mesures seraient aussi prises pour les autres matches à risque qui se dérouleraient à Nice, dont Nice / Lyon… Non seulement elles n’ont pas été prises mais en plus, entre temps, les lyonnais se sont fait remarquer le mois dernier en attaquant les supporters stéphanois des Magic Fans. De lourds antécédents qui nuisent au monde du football dans un contexte où les autorités n’attendent que cela pour appliquer leurs mesures répressives. Ce samedi, les supporters lyonnais ont dû faire demi-tour après le report du match Nice / Lyon. Les autorités savaient que les marseillais étaient en route vers St Etienne. Même si cela n’excuse pas les débordements, nous sommes en droit de nous poser la question sur les problèmes de logistique. Par prévention, on nous interdit des déplacements de façon abusive, mais par contre on laisse des lyonnais et des marseillais rouler dans le même sens d’autoroute à la même heure.

Le péage de Bollène : loin d’être un hasard…

Il est très important d’expliquer pourquoi le péage de Bollène n’est peut-être pas un concours de circonstances. Lors de tous les déplacements, quand nous devons emprunter l’autoroute du soleil, les South Winners s’arrêtent à ce péage pour récupérer des adhérents. Bollène est aussi un point de ramassage habituel d’une section de supporters stéphanois. En résumé, tout le monde savait qu’il y avait de fortes chances de voir à cette heure-ci des marseillais et des stéphanois à ce péage. Il est arrivé dans le passé que les bus marseillais et stéphanois se croisent sans qu’il y ait d’incidents. Les enquêteurs devront bien regarder l’heure à laquelle les lyonnais ont été avertis du report du match à Nice et leur position exacte sur l’autoroute.

L’attaque des Bad Gones

A notre arrivée au péage, un bouchon s’était formé. C’est à ce moment-là que le bus des lyonnais et celui des marseillais se sont retrouvés à proximité. Jusqu’au début de l’attaque, les South Winners ignoraient la présence des Bad Gones. Soudain, alors que tous les South Winners étaient à l’intérieur du bus, les lyonnais, armés, ont attaqué le bus : pare-brise et vitres latérales éclatées, barres en fer, canettes, essuies glace arrachés pour empêcher le bus de repartir sous une pluie diluvienne. Certains lyonnais n’ont pas hésité à faire des signes nazis et proclamer des insultes racistes. Les images du péage le confirmeront et contrediront les affirmations du parte parole des Bad Gones (Yohann). Un parte parole qui, pour se couvrir et justifier son attaque, n’a pas hésité à mentir en affirmant que les marseillais étaient équipés de couteaux. L’attaque était bien huilée alors qu’aucun Winners n’était sorti du bus. Alors comment faire ? Rester assis en silence et se faire lyncher dans notre propre bus ? Malheureusement, nous n’avions d’autres choix que de nous défendre, pour préserver notre bus, mais surtout pour nous protéger. Il n’y avait pas d’autre issue.

L’arrivée des forces de l’ordre

Plusieurs médias ont souligné que les marseillais avaient pris la fuite avant l’arrivée des forces de l’ordre. Des images de TF1 prouvent le contraire. Des images qui montrent également que les lyonnais étaient armés et organisés, et non pas égarés vu le nombre conséquent qu’ils étaient. Comment justifier la centaine de supporters lyonnais présents sur la fin des affrontements ? Pour cesser ces affrontements, les policiers ont ordonné aux South Winners de regagner leurs bus et J9 et d’évacuer en urgence les lieux. Lors du départ précipité, les lyonnais ont poursuivi leurs attaques (là encore les images de TF1 le prouvent) et se sont mis en travers de la route. Les bus ont pu passer mais le J9 n’a pu éviter de percuter des supporters qui voulaient à tout prix s’interposer et mettre leur propre vie en danger.

Ces images n’ont rien à faire dans le paysage du football français. Le mouvement ultra est encore pointé du doigt. Mais il est important de faire la différence entre des supporters partant à St Etienne pour chanter pour leurs couleurs, les marseillais, et des hooligans qui descendaient au départ en découdre avec les niçois, et qui, à l’arrivée, ont voulu se faire des marseillais ou des stéphanois à Bollène. Nous sommes vraiment désolés d’avoir fait subir ces scènes de violence à tous les usagers de la route qui étaient présents au péage. Nous nous sommes fait attaquer, nous nous sommes défendus. Nous ne sommes pas des enfants de cœur mais nous connaissons nos valeurs et vivons notre passion.

Les South Winners sont des ultras, pas des hooligans…

[Lyon] 20 ans Bad Gones

lundi, 20 mai 2013 11:23 Publié dans France


Superbe vidéo du tifo du virage Nord lors du derby contre Saint-Etienne le 28 avril 2013.

La manifestation des supporters du Paris SG a donc été annulée par les autorités. Voici le communiqué officialisant cete annulation :

 


 

« Chers supporters, chères supportrices du Paris Saint-Germain, le 19 mai 2013 devait être notre jour de chance, notre jour de rassemblement, notre jour pour lutter contre l’injustice, le mensonge de certains et la désinformation d’autres.

Je viens d’avoir la préfecture de Police, la MANIFESTATION EST OFFICIELLEMENT annulée et interdite dimanche. Désormais, tout rassemblement concernant le PSG sera définitivement interdit que ce soit dans 2 mois, 6 mois ou 2 ans. Je suis totalement effondré en repensant à toutes les choses que j’ai faites pour en arrivé là et j’ai une IMMENSE pensée à tous ses supporters également qui se battent depuis bientôt 3 ans pour que justice soit faites. Par la faute d’une centaine de personnes, ce sont des milliers de gens qui avaient un espoir, qui sont injustement sanctionnés à cause d’ignorants dont l’intellectualité n’est jamais apparue dans leur subconscient.
Je ne sais plus quoi dire ni quoi penser face à toutes stupidités.

Je tiens à vous dire UN IMMENSE MERCI à vous tous qui m’avait soutenu, à vous tous qui avait cru en ce mouvement. Je ne vous remercierai jamais assez.

J’ai également une pensée pour M.Borelli et je tiens à remercier aussi tous les membres des anciennes associations du Parc des Princes, MERCI pour tout le bonheur que vous nous avez apporté, merci pour toutes les causes que vous avez défendues, merci pour tout ce que vous avez donné pour la grandeur de notre club de cœur.

PARIS SAINT-GERMAIN tu es dans mon cœur à jamais, ces quelques ignorants de la vie pourront peut-être tout nous prendre mais ils ne pourront jamais nous enlever tous nos souvenirs.

Prenez soin de vous et n’oubliez jamais que l’injustice n’a et n’aura jamais sa place dans le monde.

Clément »

 


Les incidents du Trocadero et des Champs-Elysées qui ont suivi le titre du club sont incontestablement liés à cette nouvelle interdiction et pied de nez faite aux supporters parisiens. Est-il necessaire de rappeler que les supporters du Paris Saint-Germain sont en grande majorité victimes et attérés de ces incidents ?

 

Cette interdiction confirme l´Etat de Démocratie dans laquelle vivent les Paris SG Fans, plus que jamais considérés comme des citoyens de seconde zone. Cette mesure émane du ministre de l´intérieur Manuel Valls, dont  on saluera "l´humanisme de gauche" et sa politique constructive... D´ailleurs, pour note, il préfère supporter une équipe espagnole à une équipe française en Coupe d´Europe (NDLR : PSG-Barcelone, pro-barça car né en Catalogne)... Pour une personne sencée représenter l´Etat français dans le monde, c´est tout de même assez abérrant...

 

Mais ce n´est pas tout. Car comme vous le savez, désormais toutes les manifestations touchant de près ou loin au PSG seront interdites en France et ce, de manière illimitée dans le temps. Le PSG et ses supporters sont- ils donc considérés comme des organisations terroristes ? L´Etat français n´est-il donc pas capable de maintenir l´ordre dans une manifestation qui n´aurait rassemblé sûrement pas plus que 1000 ou 2000 personnes ? Bien entendu que si.

 

Malheureusement, la censure du peuple est une arme de plus en plus utilisée par nos dirigeants à l´heure actuelle, et c´est inquietant car nous sommes tous des citoyens ayant le droit de manifester pacifiquement. Protester voire s´hériger contre certaines mesures trop liberticides devient de plus en plus risqué : demandez aux espagnols et aux grecs le traitement qu´il ont reçu ces dernières années lors de leurs manifestations contre l´austérité imposée dans leurs pays respectifs. Ce sont des sujets de subsistance bien plus graves que celui-ci, et pourtant les journaux et le gouvernement n´hésitent pas à parler d´eux comme de "terroristes" voire même en de termes bien pires que cela. 

 

Les temps sont durs pour le mouvement ultra, et il faut souhaiter que ses têtes pensantes arrivent à s´unir pour perpétuer l´existance de tribunes populaires festives dans le football français, avant d´en arriver à l´affreux modèle anglais ou espagnol. Pour information, les prix du dernier match de Sir Alex Fergusson était de 1000 Livres Sterlings, et la finale de la Coupe du Roi en Espagne coûtait au bas mot près de 200 Euros... Le football business ne connait pas la crise...

[Paris SG] Vidéo des 10 ans Tigris

jeudi, 16 mai 2013 18:22 Publié dans France


Vidéo des 10 ans Tigris au Parc des Princes.

 


 

Emission spécial DVE 89 et Manifestation PSG avec James (Ex-LPA) et François (oh ville lumière)

Suite au déferlement médiatique sucités par les incidents des Champs Elysées et du Trocadero, les différentes entités parisiennes contestataires du plan Leproux tiennent à réagir et à affirmer leur non-affiliation avec ces évènements.

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 Emission avec :

- Collectif du 5 Mai. Le Collectif prône le recueillement et la non-organisation des matches de Ligue 1 le 5 mai, pour respecter les morts décédés lors de la catastrophe de furiani le 5 mai 1992.

- Un supporter du PSG Clément organise une Manifestation des supporters parisiens le 19 mai à Paris. C´est un projet qui date du début de l´année 2013, et qui a été autorisé par les autorités. Ce n´est pas uniquement une manifestation ultra´, tous les supporters parisiens qui contestent le plan Leproux sont conviés. Le but est de réouvrir les discutions avec le club.

Los du match contre Bordeaux, les Magic Fans ont donc décidé de faire grêve afin de montrer leur solidarité avec les GA92.  En effet, le parcage provisoire de la tribune Sud a été fermé par le club suite à quelques incidents lors du derby à Lyon. Unilatéralement donc, on prive l´ensemble des supporters du kop sud de match, pour un incident qui a été perpétré par un groupe limité de personnes, probablement indentifiées depuis. Voici un exemple typique de la "justice du football" français : mettre tout le monde dans le même panier, interdire toute une tribune, alors que poursuivre les personnes inculpées dans l´incident suffirait amplement.

Mais le plus odieux dans cette histoire est peut-être la réaction des médias et des dirigeants face à la grêve décrétée par le Kop Nord, qui rappelons-le est un acte de solidarité, pas un acte de hooliganisme : "ce ne sont pas des supporters" s´écrie le premier, "ils ne sont pas là alors que nous avons besoins d´eux, notre match nul ce soir est en partie leur faute" s´écrie le second. Il est inutitle de donner des noms mais l´idée est là : le Kop Nord devait supporter son équipe et fermer sa gueule. OBEY - supporte ton équipe et tais-toi, même si tes collègues supporters sont interdits de stade et que tu n´es pas d´accord. Sinon tu es un c.....d.

Que peut inspirer chez les supporters stéphanois ce genre de réaction :

1. Tout le bienfondé de leur solidarité.

2. Toute la considération que leur donne leur club et les médias

3. Le poids et la ferveur qu´il dégagent dans leur tribune en temps normal.

Car, aussi triste cela soit-elle, cette grêve du Kop Nord n´était pas celle d´une tribune vide, les occupants étaient tout à fait libres de chanter s´ils le voulaient... Ce ne fût pas le cas. Il y eut des chants, mais peu, ou pas assez, par rapport à la "dose" habituelle fournie à l´équipe les jours de match.

La technique de la tribune vide, c´est au contraire, l´ASSE - sous la pression de la toute puissante LFP - qui l´impose aux supporters. Pourtant, dans ce cas personne n´y voit rien à redire dans les médias. Ironique non ? Donc OUI, on se croirait ces jours-ci dans la fameux film THEY LIVE en 1988, un film hollywoodien dont on vous recommende vivement le visionnage si vous ne s´est pas déjà fait (cela pourrait donner quelques idées à certains pour quelques 2 mats). N´oubliez pas vos lunettes ! Et on ne parle pas des 3D hein !

Il est d´autant plus dingue de tirer à boulets rouges sur les groupes de suporters, puisque les Green Angels ont appelé au peuple vert de supporter leur équipe jusqu´au bout (voir communiqué ici).

Nouveau trembement de terre sur la planète ultra´ : Les Green Angels annoncent leur mise en sommeil !


 

En février 1992, 5 amis décident de fonder une association pour supporter l’ASSE. Depuis 21 ans, les Green Angels n’ont cessé de prouver leur fidélité aux Verts à travers les innombrables kilomètres parcourus, les centaines d’animations, les chants…
Après de nombreuses années à ne rien lâcher dans les bas-fonds de la D2, l’ASSE retrouve enfin une place digne de son standing. Pourtant, alors que nous devrions vivre cette saison avec bonheur, de notre côté il s’agit d’une des pires saisons du groupe.
Délocalisation du Kop Sud, interdiction de vente de billets dans notre bloc, dénonciation calomnieuse d’un stadier causant la condamnation d’un de nos membres à Bastia, lynchage de la part de la police à Reims, interdictions administratives, convocations devant la préfecture pour se justifier d’actes isolés n’étant pas du ressort de l’association…
Nous avons jusqu’ici surmonté ces épisodes ; mais en 15 jours, tout s’est accéléré, le stade de France, qui était l’évènement attendu par tout le peuple vert, s’est transformé en une corvée. Les autorités ont tout organisé pour nous mettre des bâtons dans les roues. Résultat : pour la première et dernière fois, nous avons du nous résigner à ne pas poser notre bâche.
S’en suit le derby et un acte isolé, pour que l’ASSE ce club, notre club interdise à 1000 de ses fidèles d’entrer dans leur stade. Nous avons pourtant essayé depuis un certain temps d’avoir les meilleurs rapports possibles pour trouver un juste équilibre. Mais nos dirigeants ont préféré être à la merci de la LFP !
Voyant qu’aujourd’hui notre mentalité, que nous souhaitons garder plus que tout, ne s’adapte plus aux hautes instances et à notre club, nous nous trouvons dans une impasse.
Etant donné que le club ne souhaite pas nous apporter son soutien et que le spectre des matchs à huis clos plane toujours au-dessus du peuple vert, la répression s’accentuant encore davantage, nous prenons la lourde décision de nous mettre en sommeil pour une durée indéterminée.
Nous n’assurerons plus aucune ambiance et n’organiserons plus aucun déplacement jusqu’à nouvel ordre. Néanmoins, nous appelons tous nos sympathisants à continuer de soutenir notre équipe jusqu’au sommet !
LA PASSION FAIT DE NOUS UN PEUPLE SANS RAISON
GREEN ANGELS 1992



On en parle sur le forum :

http://mouvement-ultra.superforum.fr/t3364-les-green-angels-se-mettent-en-sommeil

http://www.sofoot.com/top-5-des-amities-entre-groupes-ultras-169190.html


 

Magic Fans Saint-Étienne / Ultramarines Bordeaux

Le jumelage le plus célèbre de France lie les Magic Fans du Kop Nord stéphanois et les Ultramarines du virage sud bordelais. Rien ne prédestinait pourtant Bordeaux la bourgeoise à s’allier à Saint-Etienne l’ouvrière. Mais plusieurs tournois de football inter-supporters rapprochent les ultras des deux camps au tournant des années 1980. En 1992, lors du tournoi organisé à Bordeaux, les contacts s’intensifient entre les noyaux des deux groupes. « Nous avions la même vision des choses quant à la façon de supporter nos couleurs, quant au mouvement ultra. De plus, l’histoire des deux clubs se rapproche entre l’ASSE dominatrice des années 70 et le règne de Bordeaux sur le football français des années 80 », raconte un responsable stéphanois sur le site des Ultramarines. Fêtes dans leurs locaux respectifs, participation commune à des matchs de championnat comme de Coupe d’Europe, les deux groupes se rendent régulièrement visite. Les oppositions entre les deux équipes sont l’occasion d’honorer leur entente, comme en 2005 avec une banderole explicite déployée par le Kop Nord : « Ultras, Magic : une fraternité unique pour une amitié historique ». Toujours sur leur site Internet, un responsable des Ultramarines précise : « C’est la seule amitié qui perdure à un tel niveau. En dehors des différents jumelages qui existent ou ont existé, nous sommes les seuls à entretenir des liens forts aussi bien dans l’intensité que dans la durée ». Une amitié qui a su résister aux tensions entre les Magic Fans et l’Antisocial, un groupe bordelais radical de la première moitié des années 1990, et aux moqueries des groupes ennemis.

crédits photo: furania-photos.fr

Brigade Sud Nice / Dogues Virage Est Lille

1 160 kilomètres séparent Lille de Nice. C’est peut-être cette distance, et le fait de rayonner sur deux régions différentes, qui a rapproché les supporters du Nord de la France de ceux du Sud Est. « C’est une amitié qui remonte à la fin des années 90. Les anciens de chez nous sont descendus à Nice et ont croisé un groupe de Niçois de la Brigade Sud. Là c’était soit on se fout sur la gueule et une rivalité naît, soit on boit un coup. Finalement, ils ont bu un coup et c’est parti de là ! », raconte aujourd’hui Donat l’un des responsables des Dogues Virage Est (DVE). Chacun des groupes revendique, face à des Lensois ou des Marseillais plus populaires, la fierté de sa région. Lors du dernier Lille-Nice, les DVE ont déployé une banderole « Nice : fierté du sud », pendant que les supporters du Gym affichaient dans le parcage visiteur « Lille : fierté du nord ». La dissolution par les pouvoirs publics de la Brigade Sud Nice en 2010 n’a en rien altéré l’amitié des Ch’tis et des Nissarts. Cet été, lors de Nice-Lille, alors que la tribune populaire sud était fermée pour cause de huis clos partiel, les DVE ont volontiers laissé leur parcage à l’ex-BSN pour s’installer dans une plus petite tribune.

Supporters niçois lors d'une demie de coupe de France contre Lille (avril 2011)

Le Commando Ultra de Marseille et ses amis européens

Le plus ancien groupe ultra français, fondé en 1984, est aussi celui qui entretient les contacts les plus nombreux… en Europe. Dans les années 80, les jeunes supporters marseillais se rendent à Gênes pour admirer la Sampdoria et les ultras de la gradinata sud du stade Marassi. Au milieu des années 90, des contacts sont pris entre le Commando Ultra et les Ultras Tito Cucchiaroni (alors que, dans le même temps, les Winners marseillais ont quelques relations amicales avec les ultras du Genoa, l’autre club de Gênes…). Peu après, le Commando et les Ultras Tito officialisent leur jumelage, auquel les Rude Boys de la Sampdoria sont aussi associés. Regardant vers le sud et les origines de la ville de Marseille, le Commando Ultra s’est également rapproché de l’Original 21, groupe de supporters de l’AEK Athènes. L’amitié est si forte entre Phocéens et Athéniens qu’un 14 février 2007, alors que l’AEK recevait le PSG lors de la défunte Coupe UEFA, les supporters de l’Original 21 avaient déployé une banderole de plusieurs dizaines de mètres, en français dans le texte : « 14 février le jour de l’amour… Paris ce soir on t’encule ». A côté de ces jumelages officiels impliquant l’ensemble du groupe, le Commando entretient aussi des contacts avec d’autres groupes européens atypiques comme les ultras allemands de Sankt Pauli et ceux de l’ex-Brigade autonome de Livourne (BAL), connus pour leur engagement antiraciste et antifasciste. Ce qui n’empêche pas les ultras marseillais d’avoir également quelques amitiés du côté des Polonais d’Arka Gdynia, beaucoup plus à droite.

L’Est regarde vers l’Allemagne

Strasbourg – MetzNancy. Un trio de clubs dont les supporters ne s’aiment pas particulièrement, voire pas du tout. Il faut dire que la suprématie du Nord-Est est en jeu. Et elle suscite l’animosité. Alors quand ils ont décidé de nouer des contacts, les groupes de supporters de ces trois clubs ont regardé de l’autre côté de la frontière, vers les clubs allemands les plus proches.
Depuis la fin des années 80, les ultras strasbourgeois lorgnent du côté de Karlsruhe, distante de 80 km de la capitale de l’Alsace, où ils vont voir régulièrement des matchs. En 1993, un groupe est même créé, les Blue Pirates, comprenant des membres allemands et français, avec pour objectif de soutenir les deux clubs. Au cours de l’été 2000, les Phönix Sons de Karlsruhe et les Ultra Boys 90 de Strasbourg officialisent leur jumelage.
La Horda Frenetik de Metz n’a pas fait beaucoup plus de chemin pour trouver ses amis puisque Kaiserslautern est à une soixantaine de kilomètres de la frontière avec la Moselle. Malgré les problèmes linguistiques, une amitié naît au tournant des années 2000 entre la Génération Luzifer de Kaiserslautern et la Horda Frenetik de Metz. Et ça tombe bien, Kaiserslautern et Karlsruhe ne se portent pas dans leurs cœurs non plus.
Enfin, une troisième ville s’inscrit dans cet axe d’amitié franco-allemand, Sarrebruck. Après avoir entamé un tour des clubs de l’Est de la France, les ultras locaux ont finalement jeté leur dévolu sur les ultras nancéiens, dont le groupe principal est aujourd’hui le Saturday FC. Sur une carte, Sarrebruck, Kaiserslautern et Karlsruhe en Allemagne forment à peu près le même triangle que Nancy, Metz et Strasbourg en France. Un modèle d’amitié franco-allemande.

Tigris Mystic Paris / Irréductibles Toulon

Dans la capitale, on n’a jamais été vraiment fan des amitiés avec d’autres clubs. « Pendant de longues années, toute forme de jumelage avec d’autres groupes de supporters était interdite par Boulogne », explique un ex-ultra du Parc des Princes. Le premier (et le seul) jumelage officiel reste celui noué entre les Tigris Mystic (qui se sont auto-dissous en 2006) et les Irréductibles Toulon, courageux supporters d’un Sporting enferré dans les affres des divisions inférieures. Un ancien Tigris se souvient : « Au début, les contacts, c’était juste de la correspondance entre ultras. La première vraie rencontre a eu lieu lors d’un tournoi organisé par les Karsud (un groupe du virage Auteuil). Si l’amitié au sens large du terme concernait pratiquement tout le Virage Auteuil à l'époque, les Toulonnais se sont rapprochés de nous au fur et à mesure, notamment sous l’impulsion de leur ‘Jeune Garde’ » Le jumelage est officialisé en 2001. Et dès la saison suivante, « les Irréductibles bâchent à nos côtés pour la première fois à Monaco. Vis-à-vis de Boulogne, c’était compliqué ». En 2005, lors d’un match à domicile contre Toulouse, la bâche des Irréductibles est posée sur celle des pensionnaires d’Auteuil Rouge. A la mi-temps, les hooligans parisiens de Boulogne demandent aux Tigris de retirer la bâche des Toulonnais. Fatigués par les ordres imposés par le « grand frère », les Tigris refusent. Une chose impensable à l’époque. « Ce n’est pas le fait de poser la bâche qui avait posé problème, ajoute l’ancien Tigris. Mais plutôt le fait de refuser de l'enlever quand les ‘indéps’, qui avaient fait le tour du stade grâce à la sécu du PSG, nous avaient demandé de le faire ». Six semaines plus tard une grosse bagarre opposait Tigris et Boulogne au Mans, première étape de la guerre entre les deux camps qui a rythmé la saison 2005-2006. Finalement, malgré l’auto-dissolution des Tigris en 2006, « certains d’entre nous ont continué d’aller voir des matches à Toulon avec les Irréductibles, au moins une dizaine dans l’année. » Les dix ans de l’amitié entre les deux groupes ont même été célébrés en 2011 lors d’un match opposant Toulon à l’Entente Sportive du Cannet-Rocheville…

Bonus : le détonnant cocktail toulousain

Toulouse présente un panorama d’amitiés pour le moins particulier. Les hooligans toulousains (Viola Front / Gitania Tolosa / Camside) entretiennent de très bons contacts avec leurs homologues de la capitale, orientés à l'extrême droite. Ils étaient d’ailleurs ensemble en février, lors de la dernière visite des Parisiens dans la ville rose. Du côté des ultras, les gars de la BFS (Boire - Fumer – Supporter, grands vainqueurs de notre Top 10 des noms de groupes de supporters, héritiers des Ultras Occitans, sont jumelés depuis avril 1993 avec les Messins de la Horda Frénétik, groupe qui n’hésite pas à revendiquer son antiracisme… Du côté des Indians Tolosa, le principal groupe ultra du Stadium, on est pote avec les ultras suisses de Sion. Des fachos, des gauchos et des Suisses, un cocktail détonnant.


Par Anthony Cerveaux, Antoine Aubry et Quentin Blandin